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Aug 03

Le pêcheur et l’homme d’affaire


Le pêcheur et l’homme d’affaire

Le pêcheur et homme affaire 01 150x150 Le pêcheur et lhomme daffaire Il y a quelques temps je suis tombé par hasard sur une lecture en anglais sur un site américain, une histoire « le pêcheur et l’homme d’affaire » qui se situait sur la côte mexicaine, mais qui m’a rappelé que ne nombreuses années auparavant, on m’avait déjà raconté cette histoire, mais se situant dans un village de pêcheurs quelque part en Amérique du Sud. Derrière cette petite histoire se cache une histoire universelle que l’on peut transposer partout, pour nous faire prendre conscience de ce que nous sommes. Laissez-moi vous la raconter à ma sauce.

Le pêcheur et l’homme d’affaire

Il était une fois un homme d’affaire américain puissant, reconnu et ayant réussi, qui se promenait le long de la plage d’un petit village côtier en Asie, profitant de vacances bien méritées – c’étaient ses premières depuis plus de dix ans.

Il remarqua un pêcheur qui mettait au sec son petit bateau. A l’intérieur, quelques belles prises, de magnifiques poissons d’une taille assez impressionnante.

L’homme d’affaire complimenta le pêcheur pour la qualité de ses prises et lui demanda si cela lui avait pris longtemps pour les attraper.

– Non pas très longtemps, répondit le pêcheur.

– Alors pourquoi vous n’êtes pas resté plus longtemps pour en pêcher plus, demanda l’homme d’affaire ?

– Parce que j’en ai assez pour nourrir ma famille, répondit le pêcheur.

– Mais alors, qu’est-ce que vous faites du reste de votre temps, demanda l’homme d’affaire ?

– Je dors tard, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme et le soir je vais au village boire des coups et jouer de la guitare avec mes amis.

L’homme d’affaire ne peut s’empêcher d’interrompre le pêcheur :

– Ecoutez, j’ai un MBA de l’Université d’Harvard et je peux vous aider. Tout d’abord vous devriez pêcher un peu plus longtemps chaque jour, vous pourriez ainsi vendre votre surplus de poisson. Avec cet argent, vous pourriez acheter un bateau plus grand et avec ce bateau faire encore plus de prises. Avec cet afflux d’argent, vous pourriez acheter un second bateau, puis un troisième jusqu’à constituer une flotte entière. Avec le volume de pêche que vous généreriez, vous pourrez directement vendre votre poisson sans passer par des intermédiaires. Vous pourriez même ouvrir votre propre conserverie de poisson. Vous contrôleriez ainsi toute la chaîne de distribution. Vous pourriez ainsi quitter ce village et vous installer dans une grande ville, pourquoi pas aux Etats-Unis d’où vous géreriez vos affaires en pleine expansion.

Le pêcheur regarda l’homme d’affaire, pensif, et après un instant, lui demanda :

– Mais cela prendrait combien de temps pour faire tout ça ?

– 20, peut-être 25 ans, répondit l’homme d’affaire.

– Et après ça, demanda le pêcheur ?

– Après… c’est là que cela devient vraiment intéressant. Vous pourriez introduire votre entreprise en bourse et la vendre. Vous feriez des millions. Vous deviendrez très riche.

– Des millions… vraiment ? Mais pourquoi faire, demanda le pêcheur ?

– Et bien… pour prendre votre retraite ! Vous pourrez vous installer dans un petit village sur la côte comme celui-ci. Vous pourrez alors dormir tard, pêcher un peu, jouer avec vos petits enfants, faire la sieste avec votre femme et le soir aller au village boire des coups et jouer de la guitare avec vos amis…

Le pêcheur et homme affaire 02 Le pêcheur et lhomme daffaire

La morale de cette histoire

Si cette histoire reste loin de notre univers de la mini maison, elle n’en n’est pas si loin par sa morale.

Vous l’aurez compris, dans la sagesse de ce pêcheur, il y a le message que nous devrions tous rechercher. Pourquoi désirer toujours plus quand nous avons déjà tout à notre portée ? Pourquoi vouloir toujours plus grand, quand le minimum est suffisant ?

Quand j’étais jeune je réagissais comme cet homme d’affaire, je croyais que réussir c’était l’expansion. Mais j’ai voyagé, j’ai vu des gens heureux avec peu et surtout j’ai compris que les années passent vite, très vite.

L’expansion est en fait le malheur de l’homme. Nous nous épuisons à inventer, à entreprendre, à développer des mécanismes pour nous enrichir afin de nous offrir pour nos vieux jours nos rêves les plus simples, ceux qui étaient à notre portée dès le début.

La mini maison est à notre portée, pourquoi ne pas la choisir tout de suite au lieu d’attendre nos vieux jours.

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Vous pouvez par exemple lire notre dernier article, une maison annexe au Japon pour tirer parti de cette morale.

2 comments

  1. Raphael

    Je reste, dubitatif.

    Oui, dans l’esprit, j’adhère.
    J’adhère d’autant plus que les gens souvent s’éloignent de leurs idéaux, leurs envies.
    J’adhère, pour la mini maison, où rationaliser n’implique pas de “minimiser”, en ce sens où les architectures sont souvent plus abouties, plus réfléchies, plus extravagantes ou plus élégantes, et les aménagement, finalement souvent “haut de gamme” et rares (la mini maison tour avec les volets se fermant tous en même temps par exemple).

    Après, je reste “triste”, car finalement… cette soif de vouloir plus, est justement celle qui nous a conduit à découvrir le monde, a créer les sciences, à exprimer l’art, à rêver d’espace… et si il y a moult revers à cela, c’est quand même je trouve, ce qui fait la magie de l’Homme!

    Et, finalement… aurions nous su penser et créer la mini maison, si nous ne passions pas notre temps à innover, chercher, créer?…

    1. farang

      Bonjour Raphael

      on ne s’est pas tout à fait compris. Cette fable ne parle pas de renoncer aux rêves, à l’innovation, à l’art, bien au contraire, le pêcheur dans son transat a tout le temps de rêver, imaginer et créer et il prend son temps pour ça. Ce qu’elle dénonce, c’est la manière mercantile du développement pour aboutir à quoi au final? Demandez à ceux qui construisent en ce moment et qui doivent respecter la RT2012. S’ils sont dans le système avec une bonne isolation en polystyrène bien polluante et mercantile, ils n’auront pas trop de problèmes. S’ils veulent innover et rêver à un autre habitat avec des matériaux plus écologiques, alors commencent les “emmerdes”. Pourquoi? Parce que le législateur fonctionne comme notre homme d’affaire, il ne pense que développement en termes de rentabilité mercantile au détriment des petites innovations.

      Bonne journée.

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